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Ville en vert

La responsabilité partagée, c’est quoi ?

Pour commencer l’année 2021 du bon pied en famille, voici une lecture qui pourrait vous rendre la vie plus légère au moment de manger avec vos tout-petits. Démystifions ensemble le partage des responsabilités des membres de la famille !

Finies (ou presque !) les batailles pour que votre enfant termine son assiette. La responsabilité partagée propose l’implication de toutes et tous au moment de passer à table. Eh oui, chaque membre de la famille a son rôle à jouer, même les enfants ! Regardons-les ensemble :

La responsabilité des parents :

Quand ? : Donnez à votre enfant un cadre rassurant en privilégiant un horaire régulier pour les repas et les collations.

Où ? : Mangez à table le plus souvent possible, en vous éloignant des écrans et de tout autre stimulation.

Quoi ? : Définissez les menus ! Pour faciliter la diversité alimentaire, faites cohabiter dans l’assiette de la nourriture aimée par votre enfant avec de nouveaux mets.

Comment ? : Faites du repas un moment plaisant propice au partage.

La responsabilité des enfants :

Combien ? : L’enfant sait quand il a faim et il est le seul à connaitre la quantité dont son corps a besoin. On dit souvent qu’il mange de façon intuitive. Quand l’enfant commence à parler, demandez-lui au moment de servir si son appétit est petit, moyen ou gros. Il commencera ainsi à apprivoiser ses signaux de faim !

Autres astuces pour des moments harmonieux à table :

Forcer son enfant à gouter peut entrainer un refus pour un bon moment. Une idée pourrait être d’ajouter de nouveaux aliments au centre de la table ou dans votre assiette pour éveiller sa curiosité.

Le dessert fait partie d’un repas complet ! Le considérer comme une récompense ou une privation pourrait mener à de mauvaises habitudes alimentaires. Si l’enfant veut commencer par le dessert, pourquoi pas ! Dans ce cas, servez une portion unique et contrôlée.

Cuisinez devant l’enfant et selon son âge, impliquez-le dans la réalisation du repas. Voici de quoi vous guider :

1-2 ans :Laisser toucher, sentir, gouter. Jouer avec des bols en plastique.  
2 ans :Laver les fruits et les légumes. Déchiqueter la laitue, les fines herbes avec les doigts. Déposer les légumes dans une assiette.  
3 ans :Verser les ingrédients mesurés. Mélanger les ingrédients, étendre les aliments (beurre d’arachide, houmous). Couper des aliments très mous (banane, avocat) avec un couteau non coupant à bout rond. Jeter les déchets.  
4 ansRéduire en purée avec une fourchette ou un pilon. Peler des aliments (orange, œuf). Mesurer les ingrédients secs. Apporter les aliments demandés du garde-manger, du réfrigérateur.  
5 ans :Mesurer et mélanger tous les ingrédients. Utiliser la râpe sous supervision. Couper les aliments un peu plus durs avec un couteau non coupant. Casser et battre des œufs à la fourchette.  

Bon début d’année 2021 !

Références visitées en décembre 2020 :

Naitre et grandir : la responsabilité partagée (2019) : https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/alimentation/fiche.aspx?doc=naitre-grandir-enfant-acquerir-bonne-habitude-alimentaire#_Toc25331849

Stéphanie Côté, nutritionniste (2018) : https://stephaniecote.ca/article-responsabilites/

En anglais, Ellyn Satter institute : https://www.ellynsatterinstitute.org/how-to-feed/the-division-of-responsibility-in-feeding/ 

L’agriculture régénératrice

Au mois d’octobre dernier, la sortie sur Netflix de Kiss the ground[1] a permis la diffusion au grand public de thèses d’agroécologie en matière de santé des sols. Le documentaire vient bousculer nos conceptions environnementales au sujet des pratiques agricoles, particulièrement bovines qui ont mauvaise presse. Kiss the ground vient contredire l’affirmation selon laquelle ce type de production participerait dans l’absolu au changement climatique, notamment par la libération de gaz à effet de serre. S’il est avéré, que la production bovine conventionnelle a un bilan carbone négatif aggravant le réchauffement de la planète, l’autre visage de cette méthode dite « régénératrice » présentée dans le documentaire a, pour sa part, un bilan carbone quasi neutre. La trame narrative du documentaire nous amène à conclure qu’au lieu d’être un problème, la production animalière pourrait inverser le phénomène du réchauffement climatique.


[1] Kiss the ground, 2020, Netflix.

Séquestration du carbone

Tout au long de sa vie, la plante se développe par la photosynthèse en absorbant le carbone sous sa forme gazeuse (CO2). Grâce à ses racines, elle injecte ce carbone via des excrétions racinaires (sous forme de molécule simple comme des sucres, des acides aminées, etc.) nourrissant ainsi la faune et la flore du sol. Lorsque la plante meurt, une partie de ses résidus retourne à l’état gazeux dans l’atmosphère. Une autre est décomposée en matière carbonique dans le sol. On estime à environ 40 % le carbone utilisé par la plante au cours de sa vie qui se retrouverait captif du sol, générant ainsi de l’humus.

Ce dernier, que l’on appelle aussi matière organique des sols est créé par l’activité biologique des végétaux (racines, feuilles, etc.) et des animaux. Lorsqu’elle est mélangée à l’argile, les deux forment le complexe argilohumique, zone la plus fertile des sols. Cette matière organique n’existerait pas sans l’aide des petits animaux, bactéries et champignons qui peuplent les sols.


Destruction des sols : le labour

Kiss the ground met aussi en lumière un des plus grands drames écologiques des sols que les humains perpétuent depuis 10 000 ans : le labour. En effet, cette technique a pour conséquence de détruire la vie du sol en venant endommager l’équilibre fragile de son écosystème (microorganismes, structure, pH, etc.), tout en libérant du carbone dans l’atmosphère. Il s’ensuit des problèmes d’érosion et de lessivage des minéraux essentiels, ainsi que de compaction nuisant au bon fonctionnement des plantes. Le travail excessif du sol est une tare dont l’agriculture moderne est l’héritière.

Après un labour, le carbone supposé être capté par la terre est à nouveau libéré dans l’atmosphère ou enfoui trop profondément à un état brut et non utile à la fertilité d’un sol. Cette pratique a pour conséquence de détruire les sols propres à l’agriculture et de libérer du CO2 dans l’atmosphère, aggravant le réchauffement climatique.


La vache qui régénère les sols ?

Grâce à une méthode de gestion des pâturages holistique (holistic management) inspirée des grands troupeaux de ruminants sauvages peuplant les prairies non occupées par l’être humain, les bovins élevés à l’extérieur ont la capacité d’encourager la séquestration du carbone dans la terre. C’est ce que prétend le documentaire, mais aussi Joel Salatin, fermier-vedette de l’état de Virginie aux États-Unis, copropriétaire de la ferme Polyface. En quelques décennies, ils ont réussi à ajouter une quantité considérable de matière organique (1,5 % à 8 % en seulement 50 ans[1]) et séquestrer une bonne quantité de carbone grâce à la rotation de pâturage (rotational grazing) sur leur ferme.

Cet article du site internet Scientifique en chef du Québec résume assez bien cette pratique :

[…] Pour commencer, les pluies printanières provoquent une pousse rapide des graminées. Un troupeau de bovins est laissé en pâturage sur une parcelle du champ et y mange les herbes fraiches. Le lendemain, on déplace le troupeau vers une autre parcelle. Les excréments des bêtes et les tiges végétales piétinées par le bétail forment sur le sol une couche humide riche en minéraux et en matière organique. On ne la laboure pas pour éviter l’érosion, mais quelques centaines de volailles viennent y picorer les graines et les insectes qui y prolifèrent, ce qui aide à étendre la matière organique. Les grandes herbes repoussent rapidement sur ce substrat. Quelques semaines plus tard, le troupeau pourra revenir y brouter. À chaque cycle, la teneur du sol en matière organique augmente, tout comme la densité des bactéries et des champignons mycorhiziens, essentiels au développement du système racinaire des grandes herbes. […][2]

Chaque cycle vient apporter un des éléments essentiels à la formation des terres : la matière organique. Un sol avec une bonne proportion de matière organique est un sol riche en carbone. Contre leur diminution tendancielle et actuelle, les pratiques de régénération des sols et la mise en valeur des animaux au pâturage pourraient permettre de capter le surplus de carbone présent dans l’atmosphère, tout en renversant la tendance à la destruction des terres en agriculture. Des critiques de cette théorie sont émises[3], mais l’idée demeure intéressante et prometteuse !


Comment encourager l’agriculture régénératrice ?

Les techniques régénératrices des sols s’inspirent grandement des fondements de l’agriculture biologique et des procédés agroenvironnementaux, voire de la permaculture. Bien que les animaux aux pâturages puissent être une solution, les principes et pratiques de régénération des sols se déclinent aussi sous d’autres formes de production agricole, comme le semis direct en grande-culture, l’utilisation de la grelinette (popularisée par Jean-Martin Fortier, auteur du célèbre jardinier maraicher) au potager, de l’application de paillis végétal au potager, etc.

En savoir plus sur l’agriculture régénératrice :

[1] https://news.virginia.edu/content/farmer-joel-salatin-puts-natures-template-work

[2] https://www.quebecscience.qc.ca/environnement/paturages-sequestrer-carbone/

[3] https://www.quebecscience.qc.ca/environnement/paturages-sequestrer-carbone/