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L’obsolescence programmée

Avez-vous remarqué une diminution de la performance de votre appareil après une nouvelle mise à jour? Vous demandez-vous pourquoi certaines applications ou accessoires ne sont compatibles qu’avec une seule marque de produit? Êtes-vous découragé.e.s par les coûts exorbitants de réparation de votre appareil et êtes tenté.e.s d’acheter du neuf pour moins cher? Vous en avez surement déjà entendu parler, ce sont des stratagèmes d’obsolescence programmée. Cette pratique est certes profitable pour les entreprises, mais absolument malsaine autant pour la planète que pour les consommateur.rice.s.

Selon l’Office québécois de la langue française, l’obsolescence programmée est « une stratégie de conception et de production qui consiste à limiter ou à réduire la durée de vie utile d’un bien afin d’en augmenter le taux de remplacement. » Cette stratégie se manifeste de diverses façons, que ce soit par l’utilisation de matériaux moins durables, l’impossibilité de réparer un bien, l’incompatibilité technologique entre produits, un nombre d’utilisations limité ou une durée de vie réduite.

Des tendances qui ne font pas long feu

Pour beaucoup d’entreprises, l’obsolescence programmée est un moyen d’assurer des gains de productivité élevés grâce à la sortie régulière de nouveaux modèles que les gens achèteront pour remplacer leurs vieux produits désuets. Dans ce marché de remplacement, l’innovation et la nouveauté sont valorisées aux dépens de la durabilité des produits. En effet, cette pratique gonfle artificiellement la croissance des industries.

Il existe trois types d’obsolescence. La plus évidente est l’obsolescence technique qui limite la disponibilité de pièces de rechange d’un objet ou sa réparation. On peut par exemple voir que certains appareils ont des vis qui ne s’enlèvent pas avec des outils de quincaillerie. L’objet arrête donc de fonctionner puisque le fabricant restreint intentionnellement sa durée de vie lors de sa conception.

L’obsolescence programmée se manifeste aussi par le remplacement de produits tout à fait fonctionnels, mais dont l’intérêt est diminué par une panoplie de facteurs comme la sortie d’un nouveau modèle à prix abordable, ou une note du fabricant suggérant le remplacement ou le renouvellement d’un achat. Considéré comme de l’obsolescence psychologique, celle-ci est générée par la création de besoins artificiels (effet de démodage) à travers la publicité et d’autres stratégies marketing.

L’obsolescence par incompatibilité, quant à elle, survient quand une compagnie rend incompatible l’ancienne version d’un logiciel ou une application avec la nouvelle. Ça peut aussi être une incompatibilité avec des produits similaires mais non-associés. Les formats et standards demandent à être mis à jour, ce qui rend désuètes les anciennes versions. Cela s’applique par exemple sur certains jeux vidéo ou les chargeurs de cellulaire non-universels.

L’effet pervers de la croissance

Au niveau environnemental, les conséquences sont claires: la fabrication d’appareils électroniques alimentée par l’obsolescence provoque une exploitation intense des matières premières. Plus de 70 composantes sont nécessaires pour fabriquer un seul smartphone, entre autres des métaux rares dont l’extraction de plus en plus profond et le transport participent aux changements climatiques. Cette industrie contribue de plus à la destruction de terres fertiles et à la diminution de la biodiversité. De plus, on estime que près de 80% des déchets électroniques dans le monde sont incinérés ou enfouis parce qu’ils ne peuvent être recyclés.

Les conséquences au niveau social sont aussi importantes alors que les consommateur.rice.s à faible revenu risquent davantage d’être atteints par cette pratique non seulement parce que ça les affecte financièrement, mais aussi parce que les consommateur.rice.s au revenu plus élevé peuvent se permettre d’acheter des objets de meilleure qualité, et donc plus durables.

Adopter une nouvelle vision en valorisant le vieux

Les avancées technologiques et les nouvelles tendances font partie de ce paradigme évolutionnaire dictant l’idée du progrès. Pourtant, cette vision de la croissance n’intègre que rarement le concept de durabilité. Au lieu d’adopter cette forme linéaire d’innovation dépendante de la désuétude des produits, ne devrait-on pas plutôt valoriser leur flexibilité et leur adaptabilité?

Qu’en est-il de valoriser le vieux? Après tout, un objet avec une histoire est unique et irremplaçable. Les émotions et expériences associées à nos vieux jouets et appareils créent un attachement d’une valeur inestimable qu’il faut apprendre à chérir…

Dire non, un point c’est tout!

Comment peut-on lutter contre l’obsolescence des objets? Voici quelques conseils pour vous guider:

  • Avant d’acheter tout produit, vérifiez la qualité de l’objet en ligne, et limitez-vous à ce dont vous avez absolument de besoin.
  • Privilégiez les 3 R: Réduction à la source, réemploi, recyclage.
  • Achetez de seconde main, louez ou empruntez des objets. Essayez notre bibliothèque d’outils l’Outil-o-thèque pour accéder gratuitement à une panoplie d’objets!
  • Faites réparer votre appareil dans un centre de réparation indépendant, ou apprenez à le réparer vous-même en participant à des ateliers de réparation ou en suivant des tutoriels en ligne. Vous pouvez aussi consultez la carte interactive des réparateurs d’électroménagers.
  • N’acceptez que les mises à jour indispensables sur vos appareils.
  • Écrivez à vos représentant.es et votez pour les projets de lutte contre l’obsolescence programmée afin de tenir les entreprises responsables de leurs actions, par exemple en leur faisant assumer le coût de traitement des appareils désuets.

Du progrès ici et ailleurs

Des avancées ont eu lieu ces dernières années au Québec, par exemple avec le projet de loi n° 197 adopté en 2021. Cette loi modifiant la Loi sur la protection du consommateur vise à lutter contre l’obsolescence programmée et faire valoir le droit à la réparation des biens :

La proposition législative prévoit qu’un indice de durabilité soit apposé sur les produits et appareils concernés. Elle prévoit aussi une obligation pour les entreprises non seulement d’offrir des pièces de remplacement, mais la mise en place d’un service de réparation accessible — le tout à un prix et à des conditions raisonnables pour les consommateurs.

Le projet de loi est toujours à l’étude à la Commission des relations avec les citoyens. Vous pouvez suivre la progression du dossier sur le site de l’Assemblée nationale.

En Europe, plusieurs enquêtes ont été menées contre cette pratique alors que certaines entreprises comme Apple ou Samsung ont dû comparaître devant les tribunaux. En France, par exemple, l’obsolescence programmée est considérée comme un délit dont l’amende peut s’élever à jusqu’à 5% du chiffre d’affaires annuel d’une entreprise jugée coupable.

Pour avancer vers une société plus durable, il va falloir se départir de la société de consommation et de l’achat excessif en privilégiant le partage et l’utilisation à long-terme des biens. En utilisant toutes les solutions possibles, l’obsolescence programmée peut être contrecarrée, que ce soit à travers nos actions individuelles ou par la voie de la justice.

Sources:

Le Soleil. (2021, 8 avril). Pour en finir avec l’obsolescence programmée à l’Assemblée nationale. Récupéré sur https://www.lesoleil.com/2021/04/08/pour-en-finir-avec-lobsolescence-programmee-a-lassemblee-nationale-751a6f618ac4c9ef65492e3da1a51702

Office québécois de la langue française. (2017). Obsolescence programmée. Récupéré dans https://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/ficheOqlf.aspx?Id_Fiche=8887467

Assemblée nationale du Québec. (s.d.). Projet de loi n° 197, Loi modifiant la Loi sur la protection du consommateur afin de lutter contre l’obsolescence programmée et de faire valoir le droit à la réparation des biens. Récupéré dans http://assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-197-42-1.%20html

Morinville, C. (2021, 26 mars). Distinguer la récupération du recyclage dans les déchets électroniques. Le Devoir. Récupéré sur https://www.ledevoir.com/opinion/idees/597661/environnement-distinguer-la-recuperation-du-recyclage-dans-les-dechets-electroniques

Les années lumières. (2019, 1 mars). Lutter contre l’obsolescence programmée : Les explications de Chantal Srivastava. Radio-Canada. Récupéré sur https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/les-annees-lumiere/segments/reportage/108197/electronique-obsolescence-loi-iphone-ipad-tracteur-fabricant-consommateur-imprimante

Protégez-vous. (2021, 26 octobre). Carte interactive des réparateurs. Récupéré sur https://www.protegez-vous.ca/electromenagers/carte-interactive-des-reparateurs

Laugée, F. (2018). Le délit d’obsolescence programmée devant la justice. La revue européenne des médias et du numérique. Récupéré sur https://la-rem.eu/2018/03/le-delit-dobsolescence-programmee-devant-la-justice/

Point sur les pesticides

Depuis le 1er janvier 2022, la vente et l’utilisation de pesticides sont dorénavant encadrées par un nouveau règlement de la ville de Montréal. En effet, en vertu du règlement sur l’utilisation des pesticides (04-041), les 36 molécules (ci-dessous) qui entrent dans la composition de certains pesticides sont dorénavant interdites à Montréal.

FongicidesHerbicidesInsecticidesRodenticides
Bénomyl2,4-D Sels de sodiumAcétamirprideBrodifacoum
Captane2,4-D estersCarbarylBromadiolone
Chlorothalonil2,4-D forme acidesClorpyrifosBrométhaline
Iprodione2,4-D sels d’amineDicofolChlorophacinone
QuintozèneChlorthal diméthylDinotéfuraneDiféthialone
Thiophanate-MéthylGlyphostateImidacloprideDiphacinone
 MPCA estersMalathionPhosphine
 MPCA sels d’amineSulfoxaflor 
 MPCA sels de potassium ou de sodiumThiaclopride 
 Mécoprop, formes acidesThiaméthoxame 
 Mécroprop, sels d’amine  
 Mécroprop sels de potassium ou de sodium  

L’utilisation d’un pesticide constitué de l’une de ces molécules est passible d’une amende et la vente en est strictement interdite. Toutefois, certains pesticides sont toujours autorisés dans le cadre d’un usage commercial professionnel (horticulteur, entretien de pelouse, exterminateur, etc.). Advenant que vous fassiez affaire avec un de ces professionnels, assurez-vous que votre spécialiste possède le permis adéquat à l’utilisation des pesticides autorisés.  

Quelles sont les solutions les plus écologiques ?

L’utilisation de pesticides perturbe l’équilibre de l’environnement en plus de compromettre la santé humaine. Les effets des pesticides sont variés et les plus volatiles d’entre eux sont facilement dispersés par le vent et peuvent se retrouver dans les différents milieux aériens. Une fois dans les airs et/ou de retour au sol, lors des journées pluvieuses, le ruissellement des eaux est susceptible de transporter les pesticides et leurs molécules nuisibles dans les sources d’eaux avoisinantes. Les substances peuvent ainsi se retrouver à des kilomètres de leurs lieux d’application et les molécules qu’ils contiennent ont des durées de vie variables selon leurs composantes chimiques et les milieux dans lesquels ils se retrouvent.  Ce faisant, leur impact peut être nuisible sur de longues périodes. Ce nouveau règlement adopté en début d’année par la ville de Montréal vise l’adoption de solutions alternatives, plus viables à long terme. En voici quelques-unes :

Biopesticides :

Les biopesticides sont des substances chimiques et des agents antiparasitaires dérivés de sources naturelles telles que les bactéries, les champignons, les virus, les plantes, les animaux et les minéraux. Il s’agit alors d’une solution de rechange aux produits chimiques de synthèse utilisés dans la plupart des pesticides. L’avantage premier des biopesticides est qu’ils ciblent généralement un organisme nuisible spécifique et son utilisation aura très peu de rétroaction négative sur l’écosystème et sur la santé humaine. Toutefois, on suggère l’utilisation de biopesticides en cas de dernier recours, si le problème est persistant.

Vous trouverez ici une liste exhaustive des biopesticides approuvés par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques : https://sjdl.qc.ca/static/media/uploads/documents/environnement/biopesticides_-_usage_domestique.pdf

Localisation :

Placez vos plantes selon leurs besoins. En fonction de votre terrain, choisissez des plantes robustes et résilientes. Celles-ci seront beaucoup plus susceptibles de résister aux aléas, limitant de surcroît l’utilisation d’intrants chimiques.

Diversité :

Favorisez différentes espèces de végétaux. Dans la nature, une multitude d’organismes vivent en symbiose. En recréant ces dynamiques naturelles, vous augmentez naturellement les chances de survie de vos végétaux.

Paillis :

Le paillis maintient le sol frais et humide tout en empêchant les mauvaises herbes de croître. Ce faisant, l’utilisation adéquate du paillis permet de réduire les besoins de produits visant l’élimination des indésirables.

Engrais :

Fertilisez avec des engrais naturels. Ceux-ci servent de compléments au compost et fournissent des éléments nutritifs n’ayant subi aucune transformation chimique. Le compost, quant à lui, permet notamment d’enrichir le sol en micro-organismes et en nourriture tout en maintenant l’équilibre du PH. Avec un sol en santé et riche en nutriment, l’utilisation de pesticides n’est plus nécessaire.

Bibliographie

Espace pour la vie. (2022, 02 07). Carnet horticole et botanique. Récupéré sur Jardiner sans pesticides: https://espacepourlavie.ca/jardiner-sans-pesticides

Gouvernement du Canada. (2021, 02 18). Biopesticides. Récupéré sur  et utiliser des produits biologiques de lutte antiparasitaire commerciaux pour protéger les cultures des ennemisagricoles.: https://agriculture.canada.ca/fr/agriculture-environnement/lutte-antiparasitaire-agriculture/biopesticides

Ville de Montréal. (2021, 10 04). Règlement sur la vente et l’utilisation des pesticides (21-041). Récupéré sur Règlement sur la vente et l’utilisation des pesticides (21-041): https://montreal.ca/reglements-municipaux/recherche/61576d182f8ac90011ca58b5

Ville de Montréal. (2022, 02 07). Réglementation. Récupéré sur Utilisation des pesticides: https://montreal.ca/sujets/utilisation-des-pesticides#:~:text=Pour%20mieux%20prot%C3%A9ger%20la%20sant%C3%A9,pesticides%20sont%20interdites%20%C3%A0%20Montr%C3%A9al

Ville de Montréal. (2022, 02 07). Réglementation. Récupéré sur Utilisation des pesticides: https://montreal.ca/sujets/utilisation-des-pesticides?arrondissement=Villeray%E2%80%93Saint-Michel%E2%80%93Parc-Extension