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Ville en vert

Pesticide et agriculture alternative

L’été se fait déjà rayonnant. Les fleurs resplendissent et embaument nos cours. Seulement, tout le monde n’a pas la chance de profiter de ces petites joies d’été. Et oui, nos petites abeilles vivent des moments difficiles en cette période estivale… Pourquoi ? La réponse est simple : les pesticides néonicotinoïdes.

Néoni…quoi ?

Les néonicotinoïdes sont un groupe de pesticides principalement utilisés en agriculture pour protéger les plants des insectes nuisibles. Il existe en ce moment trois sortes de néonicotinoïdes au Canada : l’imidaclopride, le clothianidine et le thiaméthoxame. Chez les abeilles, ces pesticides peuvent mener à des problèmes de croissance, une réduction de l’efficacité du système immunitaire, des problèmes respiratoires, un dysfonctionnement des fonctions reproductives, des problèmes neurologiques et cognitifs.

Mais en retrouve-t-on dans notre miel ?

Malheureusement, oui. Sur 198 échantillons de miel prélevés autour du monde en 2017, 75% d’entre eux se retrouvaient contaminés. Plusieurs universités, ainsi que le gouvernement du Canada, se sont entendus sur les effets néfastes de l’usage des néonicotinoïdes sur les populations d’abeilles. Leur usage est inutile dans plus de 95 % des champs de maïs et de soya du Québec. En effet, moins de 5% de ces champs étaient suffisamment envahis par les insectes pour justifier l’utilisation de ce pesticide.

En 2015 presque 100% de ces pesticides étaient utilisés sur les champs de maïs et plus de 50% pour les plantations de soya. Dans les dernières années, ces pesticides se sont accumulés dans les cours d’eau, menaçant ainsi les invertébrés aquatiques qui sont au début de la chaine alimentaire. Il faut comprendre que même si les plantes n’ont pas été aspergées, elles peuvent être contaminées par les résidus de produits chimiques se retrouvant dans l’air ou dans le sol.  Les abeilles qui ont le malheur de se poser sur une fleur contaminée ou dans une zone infectée trouveront la mort de façon quasi instantanée.

La permaculture, une issue possible ?

La permaculture est l’une des alternatives à ce cercle vicieux. Son but est d’imiter les écosystèmes naturels afin de permettre aux plantes de se protéger entre elles contre les insectes nuisibles. Labourer la terre à la main permet aussi de ne pas défaire les micro-organismes qui sont déjà présents et vitaux pour la santé de la terre. Plusieurs fermes en Europe et ici même ont choisi la permaculture. Pas besoin de pesticides, de produits chimiques ou encore d’engrais.

La permaculture s’adapte aussi très bien à la ville par l’intermédiaire de toits verts ou de culture en pleine terre dans votre cour par exemple. Cette pratique avantageuse mène à plus d’autonomie et d’économique. Aussi bonne pour votre porte-monnaie, cette pratique est valorisante, apaisante et amusante. La permaculture permet le verdissement de la ville et par ce biais, l’augmentation de la faune urbaine et la diminution des ilots de chaleur.

Alors, pensez-y ! Vous pourriez même découvrir un nouveau loisir !

Source:

Gouvernement du Canada, ( 2020, 30 Septembre) Update on the Neonicotinoid Pesticides

https://www.canada.ca/en/health-canada/services/consumer-product-safety/reports-publications/pesticides-pest-management/fact-sheets-other-resources/update-neonicotinoid-pesticides-2020.html

English wikipedia, (s.d.) Neonicotinoid

https://en.wikipedia.org/wiki/Neonicotinoid

Daphné Cameron, ( 2020, 27 Février), Pesticides «tueurs d’abeilles»: un usage injustifié dans 95 % des champs du Québec

https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/2020-02-27/pesticides-tueurs-d-abeilles-un-usage-injustifie-dans-95-des-champs-du-quebec

Science Magazine, ( 2017, 5 Octobre), pesticides found in honey around the world

DW Documentary, ( 2020, 16 Juin), Bayer and the bees

Rad, ( 2020, 16 Mai), Faire ses premiers pas dans le monde de l’agriculture urbaine

Demain la ville, ( 2020, 29 Juillet), L’agriculture urbaine peut-elle suffire à nourrir une ville?

Un papillon dans ma ville

L’impact de la consommation croissante et des changements climatiques sur les populations d’insectes est une matière peu étudiée à ce jour. Cependant, la diminution de plusieurs espèces en milieu urbain peut être attribuable, entre autres, au grand manque de diversité végétale dans les grandes villes. La présence de nombreuses espèces de papillons voit d’ailleurs un déclin important à Montréal ; notamment la population de monarques. Cet effondrement des individus a un impact majeur sur la santé de notre écosystème puisque le rôle de ce pollinisateur est extrêmement important.

Quelles sont les espèces de larve et papillons visibles à Montréal et quels sont leurs rôles ? 

Premièrement, le rôle du papillon est entre autres de polliniser, ce qui a pour but de transporter le pollen d’une plante mâle, qui se trouve sur les étamines de celle-ci, vers les organes reproducteurs de la plante femelle, nommés pistils. Ceci a pour effet d’assurer une reproduction sexuée de certaines plantes qui, sans les pollinisateurs, pourraient difficilement produire assez de fruits et de graines et par ce fait assurer sa survie. Par ailleurs, ce magnifique insecte aux nombreuses couleurs débute sa vie sous forme de larve qui a elle-même un rôle à combler. La larve du papillon se nourrit en grande partie de feuilles que ce soit d’arbres, de plantes maraichères ou de plantes indigènes. La larve crée donc des trous dans les feuilles, ce qui laisse passer les rayons du soleil plus librement et favorise la photosynthèse des végétaux en contrebas. Ces petits insectes servent aussi de nourriture pour les oiseaux. Il est possible d’apercevoir plusieurs espèces de papillons à Montréal spécialement le monarque, la piéride du chou et le papillon du céleri.  

Papillons, habitant des villes ? 
Monarque – Photo ©Sheila Brown

Comme mentionné plus haut, les larves de papillons se nourrissent de plantes. Certaines ont d’ailleurs des goûts très particuliers, par exemple le monarque raffole principalement de l’asclépiade et en fait également sa maison lorsqu’il construit sa chrysalide. Le monarque étant en voie de disparition, il est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en péril, il est donc important de rester attentif à ne pas endommager ces plants. Ensuite, la piéride du chou est un petit papillon considéré comme ravageur agricole puisqu’il se nourrit en grande partie de plantes maraichères de la famille des crucifères par exemple le chou, le brocoli, le rutabaga et la moutarde des champs. Il est donc nécessaire de les protéger en ville puisqu’il est énormément chassé en milieu agricole. Pour finir le papillon du céleri est également une espèce qu’on peut observer en milieu urbain. Il est, pour sa part, fanatique des plantes ombellifères par exemple les carottes, le céleri, le persil, l’aneth, le panais et le fenouil.  

Accueillir des papillons.  

Pour conclure, il y a plusieurs initiatives citoyennes pour assurer la survie de cette belle diversité faunique, même en milieu urbain. Planter exclusivement des plantes indigènes, offrira un environnement familier et accueillant aux papillons. En incluant également des fleurs riches en nectar plantées au soleil et ayant de longues floraisons, la population de papillons augmentera grandement dans votre jardin. Les chenilles pour leur part sont spécialement attirées par les plantes communément appelées mauvaises herbes. En laissant un coin de votre jardin s’épanouir seul, vous favoriserez considérablement la population de larves de papillons.

C’est en favorisant ces initiatives que le milieu urbain deviendra un milieu favorable à la continuité d’une faune et d’une flore riche en diversité !