5 (autres) plantes vivaces parfaitement comestibles pour votre jardin

Avec le printemps qui semble finalement être à nos portes, pour certains, c’est l’heure de passer de beaux moments dans le jardin. Et au lieu de devenir esclave de votre espace vert à l’année longue, pourquoi ne pas opter pour un aménagement vivace… Et en plus comestible ? En compagnie de Guillaume Pelland, fondateur et directeur de Paysage Gourmand, on vous propose chez Ville en vert 5 (autres) plantes parfaitement comestibles et vivaces qui peuvent rehausser vos plates-bandes et jardins ce printemps. 

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Sommaire

Vers un jardin toujours plus comestible, beau et durable

L’année dernière, nous vous proposions déjà 5 plantes vivaces et comestibles à planter dans votre espace. Comme notre équipe a la main verte, mais surtout est très gourmande, nous avons investigué avec Guillaume de nouvelles idées pour transformer votre jardin en véritable garde-manger ! Et tous ces plants, ainsi qu’une panoplie d’autres, sont à découvrir chez Paysage Gourmand, à Rawdon, qui ouvrira ses portes tous les samedis, sans rendez-vous, à compter du 9 mai.

Baies aux 5 saveurs (Schisandra chinensis)

Pourquoi se contenter d’une seule saveur dans un fruit quand on peut en avoir cinq ? En effet, les fruits écarlates de cette plante miraculeuse qu’on appelle aussi « baies de Chine » offrent un amalgame à la fois unique et exceptionnel de saveurs.

« Ses fruits sont sucrés, salés, piquants, amers et aigres — c’est vraiment complet, explique Guillaume. « Ce sont des fruits gros comme un grain de poivre, en grappes, qui remplissent la bouche mais qui ne sont pas désagréables, ils ne sont pas trop forts. C’est vraiment à découvrir. »

Et en plus d’avoir un maximum de saveur, cette fougueuse grimpante applique la même logique côté verdissement.

« Avec un pied par un pied au sol, on peut déployer un grand écran vert, donc il y a vraiment un pouvoir végétatif immense avec très peu d’espace avec cette plante. »

Ciboulette à l’ail (Allium tuberosum)

Pour ceux qui sont toujours déchirés entre l’ail ou l’oignon en cuisine, cette plante aura le mérite de réconcilier les deux camps et de satisfaire tout le monde.

Vivace extrêmement facile à cultiver et presque sans besoin d’entretien, contrairement aux autres membres de sa famille, elle est aussi très résistante aux ravageurs.

« Souvent l’ail ou le poireau peuvent être ravagés dans des potagers sans défense, même la ciboulette peut être à risque, certains oignons vivaces aussi. Mais la ciboulette à l’ail est très résistante aux insectes. C’est une valeur sûre qui va rester belle sans soins. »

De plus, contrairement à l’ail et la ciboulette, elle décuple ses fleurs blanches étoilées un peu plus tard en saison, ce qui a le mérite de prolonger la saison florale, au grand bonheur des papillons et pollinisateurs.

« On peut aussi manger les fleurs, ce sont de petites perles de saveurs qui éclatent sous la dent, » confie Guillaume. « Cela joint le goût de l’ail et de la ciboulette, mais en plus, c’est très sucré et plein de nectar. »

Aralie à grappes (Aralia racemosa)

L’aralie à grappes est une des plantes préférées de Guillaume, et avec raison. Alors qu’il s’installait à Rawdon il y a maintenant 12 ans sur un terrain en friche, il remarquait deux ou trois petits plants « gros comme son pouce » qui sortaient de terre. Quelques semaines plus tard, les pousses atteignaient presque le cap des deux mètres, et les belles grappes de fleurs et de fruits qu’arboraient les arbustes ont piqué sa curiosité. Après quelques recherches — car Guillaume n’avait jamais croisé cet arbuste dans les nombreux guides qu’il consulte ou encore de son vécu horticole — il perce enfin son secret.

« L’aralie à grappes est une plante indigène que j’ai croisée par la suite quelques fois en marchant en forêt, mais c’es plutôt rare. Et c’est magnifique ! » s’exclame-t-il. « Cela a vraiment un look d’arbuste mais c’est une herbacée, donc à chaque automne elle gèle, et elle repart toute seule et se déploie à une vitesse fulgurante. »

Avec sa racine aromatique, c’est aussi une des plantes qui étaient prisées pour faire de la racinette, qui a un petit goût résineux, un peu de conifère. Sans surprise, le goût se retrouve également dans ses fruits :

« Les fruits goûtent vraiment la forêt », résume Guillaume. Et il ne peut s’empêcher de répéter : « C’est magnifique ».

Kiwi arctique (Actinidia kolomikta / arguta)

Si vous pensez que la Belle Province n’est pas une terre fertile pour les fruits exotiques, détrompez-vous. Le kiwi arctique est une plante rustique, productive et vivace, au feuillage panaché et très coloré qui peut agrémenter toute plate-bande ornementale, ici-même au Québec.

« Il y en a qui l’appellerait le mini-kiwi, car c’est la taille d’un raisin, qu’on peut manger avec la pelure parce qu’il n’y a pas de poils. C’est vraiment du bonbon, on le mange directement cueilli. » Pour assurer une productivité, il faut obligatoirement planter un plant mâle et un plant femelle, à une distance maximale de 5 mètres.

À vrai dire, le défi principal pour cette plante, qui résiste aux maladies et insectes, restera l’entretien, car sa taille peut facilement être envahissante.

Et pour ceux qui craignent que les écureuils volent sournoisement les récoltes, le kiwi arctique a un avantage important : « On peut cueillir ses fruits avant la maturité, et comme une tomate verte, cela peut mûrir sur le comptoir. Donc si on a peur de se les faire chaparder par les écureuils, on peut les cueillir un peu avant. »

Finalement, afin de préserver « ses couleurs luxuriantes », Guillaume recommande de mettre le kiwi arctique — comme son nom l’indique — à l’abri de la chaleur.

« L’idéal est qu’il passe la matinée au soleil, et puis l’après-midi à la mi-ombre, dans un endroit pas trop sec. ». Un peu comme l’humain !

Cassissier (Ribes nigrum)

De toute la famille des « ribes » qui regroupe les petits fruits comme la gadelle ou la groseille, Guillaume n’hésite pas à recommander le cassissier pour sa facilité d’entretien et sa résistance aux insectes, qui est nettement supérieure aux autres.

« Et même si ce n’est pas ce qu’il y a de plus ornemental, c’est un des rares petits fruitiers que tu peux mettre à l’ombre. »

Toutefois, il nous avertit tout de suite : « En mangeant les fruits frais, il y en a plusieurs qui vont grimacer parce que c’est un peu acidulé et très prononcé, mais justement, cela veut dire qu’avec une petite poignée de fruits, tu peux aller chercher les saveurs de la forêt. »

Puissant antioxydant qui contient deux fois plus de vitamine C que le kiwi — et trois fois plus que l’orange !—, on peut faire toute sorte de transformations avec les fruits, comme des gelées ou confitures.