Quand nos déchets plastiques menacent notre santé
Article rédigé par Salma Chakik, animatrice en GMR chez Ville en Vert
L’été tire à sa fin, laissant derrière lui des images de promenades et de voyages bien accompagnés. Mais, saviez-vous qu’on n’est pas les seuls à voyager durant cette saison? À vrai dire, nos déchets sont plus chanceux que nous, étant donné qu’ils voyagent à l’année longue… Un sac en plastique, par exemple, peut aussi avoir envie de changer d’air. Il profite donc d’un petit coup de vent pour se laisser emporter, suit l’eau de pluie et les petits ruisseaux, avant d’arriver à ce qu’il croit être une destination de rêve : le fleuve Saint-Laurent. Pourtant, ce lieu de séjour est loin d’être le meilleur. L’Association bleue rappelle d’ailleurs qu’il « est classé parmi les cours d’eau les plus contaminés par les microplastiques au niveau mondial »1! Voyons comment nous en sommes arrivés là.
Inondation de plastique

Un million de bouteilles, 10 millions de sacs de plastique et 11,7 millions de cigarettes : voici ce que consomme le monde à chaque 60 secondes selon Québec Science. Si 8 300 millions de tonnes de plastique ont été produits depuis 1950, seulement 9% ont été recyclées.
Résultat : 8 000 000 de tonnes de plastique se retrouvent dans les océans à chaque année, dont 5 250 milliards de particules en surface. Au Canada, 43% de nos déchets plastiques proviennent d’emballages2. Ce n’est donc pas étonnant que l’équipe de l’Expédition bleue identifie le plastique à usage unique, incluant les bouteilles de plastique et les couvercles à tasses à café et des gobelets, comme la catégorie la plus présente sur nos berges3.
Une marée de ravages
La présence du plastique dans l’eau a des conséquences sur plusieurs niveaux. Selon Environnement et Changement climatique Canada (2018), plus de 600 espèces marines souffrent de la pollution plastique, dont plusieurs en voie d’extinction4. Les dégâts sont multiples : l’ingestion de microplastiques peut « bloquer le tractus gastro-intestinal chez les petits oiseaux et les poissons. [Elle peut] aussi causer des lésions internes, comme des lacérations ou irritations des tissus gastro-intestinaux », affirme le Réseau canadien pour la santé de la faune5.

La faune n’est pas la seule concernée par ces analyses inquiétantes : en se faufilant partout, le plastique finit par nous atteindre, nous les humains. La chaîne alimentaire est un moyen clair de transmission des virus et bactéries qui aiment se réfugier dans le plastique. Agissants comme un réservoir de substances toxiques, les microplastiques (moins de 5 mm) circulent facilement dans notre organisme. Des études montrent qu’ils peuvent atteindre les poumons, le foie, le sang, le placenta6, et le cerveau. Que ce soit sur nos cellules, notre système immunitaire, reproducteur, endocrinien, ou même respiratoire, les potentiels effets de ces ingestions sur la santé humaine sont nombreux7.
À l’échelle socio-urbaine, l’image de Montréal est aussi dégradée par son eau malpropre. Plusieurs régions maritimes, surtout à l’est de l’île, sont insalubres selon le programme Qualo 2024. Une analyse faite entre mai et septembre 2024 indiquait que 40% (41/103) des stations de mesure possédaient une eau non propice à la baignade, une hausse par rapport à l’année précédente (35/103)8.
Des courants d’action
Face à cette problématique majeure, notre implication devient obligatoire pour protéger, avant tout, notre propre santé. Diminuer notre utilisation du plastique permet de réduire le problème à sa source, en consommant de manière écoresponsable. La gestion de nos déchets est aussi une piste à entrevoir par la suite, en réutilisant ou revalorisant le matériau avant de le mettre à la récupération.
Enfin, nous pouvons aussi donner un coup de main dans les corvées de nettoyage des bandes riveraines qui ont lieu à chaque année. À l’occasion de la Journée du fleuve du 20 septembre prochain, le Regroupement des écoquartiers propose diverses activités de nettoyage collectif, à différents arrondissements montréalais, auxquels vous pouvez vous inscrire. Du matériel, et parfois même des collations, y sont fournis9 😉
Bibliographie
Articles de journal
- Agence France-Presse. (2023). Microplastiques : la traque des effets sur la santé s’intensifie. Radio Canada.
- Bisaillon, E. (2025). Nager en eau trouble : portrait de la qualité de l’air du fleuve Saint-Laurent. Radio Canada.
Articles de magazine
- Québec Science. (2019). Le plastique expliqué. Québec Science.
- Le Guillou, S. (2024). Quel est l’impact des microplastiques sur la santé humaine?. Futura Sciences.
- Asselin, A., Rowenczyk, L., et Jimenez-Moratalla, V. (s.d.). L’expédition bleue documente la pollution plastique. Alliance Verte.
Publications gouvernementales
- Réseau canadien pour la santé de la faune. (s.d.). Ingestion des microplastiques chez les animaux sauvages.
- Gouvernement du Canada. (2018). Zéro déchet de plastique au Canada.
Sites Internet
- S.A. (s.d.). Grandes corvées de nettoyage collectif, près de chez vous!. Regroupement des éco-quartiers.
- S.A. (s.d.). Pollution plastique. Organisation bleue.