Du nouveau dans le bac… bleu ! 

Depuis le 1er janvier 2025, il est plus simple de trier ses matières recyclables grâce à la modernisation de la collecte sélective. Plusieurs changements ont été mis en branle dans les dernières années, afin de préparer cette grande étape qui permettra à plus de matières d’être recyclées. Cet article présente donc ce que vous devez savoir sur la modernisation de la collecte sélective, ainsi que le rôle que vous pouvez jouer dans cette petite révolution du recyclage au Québec. 

Facebook
LinkedIn
WhatsApp
X

Récupération ou recyclage ?

D’abord, il nous faut départager deux concepts souvent utilisés de manière interchangeable : la récupération et le recyclage. Synonyme de ce que l’on appelle la « collecte sélective », la récupération est le geste que l’on fait en triant nos matières recyclables à la maison, puis en les mettant dans notre bac : le bac de récupération. Le recyclage est la deuxième étape du processus qui débute une fois que nos matières recyclables sont sorties du centre de tri et qu’elles sont transformées en matières premières, afin de leur redonner une deuxième (ou énième) vie

Notre impact en tant que citoyen.nes se situe donc au niveau de la récupération. À partir de cette année, les règles de tri ont changé. Voici ce qui va au bac de récupération depuis le 1er janvier : contenants, emballages et imprimés. C’est tout. Mais comment savoir ce qui est quoi ?  

  • Contenant : ce qui possède un bouchon ou un couvercle, que le contenant soit fait en papier, en carton, en verre, en plastique ou en métal (boîte de conserve, bouteille d’eau, contenant de jus, de yogourt, de sauce, de cosmétique, etc.) 
  • Emballage : ce qui sert à transporter facilement les produits, que l’emballage soit fait en papier, en carton, en verre, en plastique ou en métal (sac de plastique de toutes sortes, barquette de styromousse, sac en filet d’oignons, emballage de brosse à dents, boîte d’œufs, sac de croustilles, etc.) 
  • Imprimé : ce qui peut présenter du texte, des images ou des motifs, que l’imprimé soit fait en papier ou en carton (reçu de caisse, boîte de céréales, feuille lignée, livre, cahier scolaire, boîte de déménagement vide, etc.) 

Seulement trois exceptions s’appliquent à ces nouvelles règles : 

  • Les emballages de protection en polystyrène qui se défont en billes, puisqu’ils contaminent les autres matières lors du transport et du tri (blocs de styromousse dans les boîtes d’articles fragiles, particules de calage, etc.). Solution : rapportez-les dans certains écocentres ou jetez-les aux ordures. 
  • Les contenants en métal sous pression, c’est-à-dire les bombes aérosols, puisqu’ils peuvent exploser lorsque compressés ou soumis à la chaleur (fixatif à cheveux, assainisseur d’air, mousse à raser, etc.). Solution : rapportez-les à l’écocentre avec vos autres résidus domestiques dangereux. 
  • Le plastique polylactique, c’est-à-dire le plastique compostable ou biodégradable avec l’inscription « PLA », puisqu’il n’est pas composé d’une matière recyclable et qu’il ne se décomposera pas assez rapidement dans les conditions des sites de compostage municipal (sacs de compost en PLA, ustensiles en PLA, contenants de nourriture pour emporter en PLA, etc.). Solution : jetez-les aux ordures. 

Comment bien récupérer ?

Pour ce qui est des manipulations à faire pour s’assurer de récupérer de manière responsable, on continue de faire ce qui était déjà recommandé : on vide et on rince légèrement nos contenants et emballages ; on sépare les matières recyclables les unes des autres ; on place les bouchons de moins de 5 centimètres de diamètre sur les contenants ; et on fait une boulette avec notre papier d’aluminium, après avoir enlevé le plus gros de la nourriture. Enfin, on évite de récupérer les matières souillées qui contamineront les autres, en plus d’émettre des odeurs nauséabondes, et on n’imbrique pas les matières les unes dans les autres (dans des boîtes ou des sacs fermés, par exemple), afin que leur identification soit claire et facilite le tri. 

Il est donc crucial de se poser les bonnes questions et de poser les bons gestes pour faciliter le travail au centre de tri. En plaçant dans notre bac une matière qui ne devrait pas s’y trouver, on risque d’avoir un impact sur leurs équipements (machinerie bloquée, mécanismes brisés, explosion et incendies, etc.) ce qui occasionne des retards et donc l’accumulation des matières, en plus d’avoir un impact sur la santé des employé.es (dangers, émanations toxiques, moisissures, etc.). En prenant une seconde de plus pour se demander si notre matière est réellement un contenant, un emballage ou un imprimé, on permet un meilleur tri à la source qui donnera alors un tri final de meilleure qualité et de valeur plus élevée sans avoir gaspillé de ressources. 

Qui est à l’origine de ces changements ?

Ces changements sont chapeautés par Éco Entreprises Québec, l’organisme de gestion désigné par le gouvernement provincial, qui s’occupe maintenant de l’ensemble de la récupération et du recyclage au Québec. Auparavant, les responsabilités liées à la collecte sélective – incluant le financement, les collectes, le transport, la sensibilisation et le tri, entre autres – relevait de chaque organisme municipal (dont les communautés autochtones), alors que les responsabilités liées à la recherche de débouchés pour chaque matière étaient endossées par chaque centre de tri.

Maintenant qu’Éco Entreprises Québec se charge de tous ces dossiers, la liste des matières recyclables acceptées dans le bac de récupération est uniformisée à la grandeur de la province. La couleur des bacs sera également la même partout au Québec, alors que la transition se fera progressivement en troquant nos sacs transparents pour des bacs bleus et en changeant les bacs verts brisés pour leurs équivalents bleus. 

Quels sont les objectifs de ces changements ?

Finalement, on peut se demander quels sont les objectifs concrets visés par ces nouvelles règles. En plus d’uniformiser à l’échelle provinciale les matières recyclables et les bacs, Éco Entreprises Québec souhaite améliorer la recyclabilité – donner une deuxième vie au plus de matières possibles pour renforcer l’économie circulaire – et l’écoconception des contenants et emballages. Cette dernière repose sur une réduction de l’emballage, un meilleur approvisionnement en termes de traçabilité et de transparence, ainsi qu’une recyclabilité facilitée. La responsabilité élargie des producteurs s’applique maintenant à tous les détenteurs de marque, les distributeurs et les metteurs en marché, afin de les rendre responsables de ce qui advient à la fin de la vie utile de leurs contenants et emballages : ce sont eux qui paient si leurs emballages sont complexes ou impossibles à recycler, par exemple, ce qui les encourage à les améliorer. 

Conclusion

En bref, la révolution du recyclage est bien enclenchée au Québec. Grâce à des règles plus simples, le tri est plus facile à faire à la maison. Malgré tout, il ne faut pas oublier de réduire notre consommation à la source avant même de penser à recycler ; et lorsque l’on doit se débarrasser d’une matière, on n’a qu’une seule question à se poser : « Est-ce un contenant, un emballage ou un imprimé ? » 

Pour toute question en lien avec le tri de vos matières résiduelles, visitez l’application « Ça va où ? » de Recyc-Québec.  

Pour en savoir plus sur les règles de collecte selon votre arrondissement, visitez le site web « Info-Collectes » de la ville de Montréal.  

Enfin, restez à l’affût de la campagne de sensibilisation de Bac Impact, la marque citoyenne d’Éco Entreprises Québec qui a pour mission d’éduquer et de sensibiliser la population aux nouvelles règles de la récupération et du recyclage.  

Sources :