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Ville en vert

Plein feu sur le 2e secteur industriel le plus polluant au monde : la mode

Lorsqu’on souhaite trouver des solutions pour réduire notre empreinte environnementale, on pense souvent à l’alimentation, au transport ou à la consommation énergétique. Toutefois, il y a une industrie importante sur laquelle il faut se pencher si l’on souhaite réduire considérablement notre impact sur le rejet d’eaux usées, sur les émissions de gaz à effet de serre, sur les besoins en produits chimiques et sur l’enfouissement d’une quantité monstre de déchets. Cette industrie, c’est la mode !

Saviez-vous que l’industrie de la mode est responsable d’environ 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ? Pour vous donner une idée, c’est plus que l’ensemble des émissions provenant des secteurs du transport aérien et maritime combinés. On démonise souvent l’achat de produits qui font le tour du globe en bateau avant de se rendre à notre domicile. Cela dit, s’il y a bien une industrie qui a du travail à faire pour améliorer son bilan environnemental, c’est bien la mode.

Il y a fort longtemps, les vêtements que nous avions servaient principalement à se protéger du froid, du chaud et des intempéries. Aujourd’hui, la garde-robe est un moyen de s’exprimer. On veut des vêtements qui sont au gout du jour. Il y a 15 ans à peine, on consommait 2 fois moins de morceaux de vêtements. On ne parle pas ici du millénaire passé, mais bien le milieu des années 2000 ! À cette époque, l’industrie sortait une collection printemps-été et une autre automne-hiver. Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des collections se renouveler chaque mois. Ce phénomène de la mode jetable, ou de la « fast fashion » a diminué de moitié la durée de vie des vêtements. 

Cycle de vie de l’industrie de la mode

Un élément immanquable de l’industrie de la mode c’est l’ampleur de son impact environnemental, et ce, à chaque étape du cycle de vie des vêtements, de l’extraction jusqu’à la fin de vie utile. Afin de vous aider à comprendre les prochains paragraphes, voici une schématisation simple d’un cycle de vie linéaire.

Extraction

Aujourd’hui, la grande majorité des vêtements sont faits à partir de fibre synthétique à base de pétrole, comme le polyester. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de préciser plus que ça que le pétrole n’est pas la ressource la plus écologique à extraire pour produire des vêtements.

Autrement, la fibre naturelle de prédilection de l’industrie de la mode, le coton, n’est guère mieux. Pour fabriquer 1 jeans de coton, il faut jusqu’à 7500 litres d’eau, soit l’équivalent de ce que boit un être humain en 7 ans. De plus, la grande majorité des champs de coton requièrent des quantités astronomiques de pesticides.

Fabrication

La fabrication des vêtements consomme beaucoup d’énergie, elle rejette une grande quantité de polluants dans la nature et elle est la cause de la création de montagnes de déchets. De plus, l’industrie de la mode s’installe bien souvent à des endroits où les normes environnementales sont moins rigides. Cette souplesse leur donne plus de liberté pour polluer comme bon leur chante, surtout si ça permet à l’industrie de réduire leur cout de fabrication.

Finalement, lorsqu’on parle de la fabrication des vêtements, il ne faut pas oublier la teinture des textiles, qui est une des plus grandes causes de pollution des cours d’eau au monde !

Transport

Avant de se retrouver dans nos placards, la plupart des morceaux de vêtements que l’on achète ont parcouru des dizaines de milliers de kilomètres. Par exemple, un jeans de coton peut parcourir jusqu’à 1,5 fois le tour de la Terre, soit 65 000 km entre le champ et la boutique. Pourquoi ce chiffre est-il si élevé ? L’extraction de la matière première et le marché de vente sont généralement loin de la zone de fabrication. Ainsi, le produit fini fait beaucoup de chemin avant de se retrouver dans les mains du consommateur.

Usage

Avec les vêtements, les impacts environnementaux n’ont pas uniquement lieu en amont et en aval de leur usage. Lors de leur passage dans la laveuse, les fibres synthétiques rejettent des microparticules de plastique trop fines pour être filtrées par les stations d’épuration. On estime que l’entretien des vêtements est à l’origine de 500 000 tonnes de plastiques rejetées dans les océans par année. Pour vous donner une idée, cette quantité équivaut à 50 milliards de bouteilles de plastique ! En pratique, le lavage des vêtements serait responsable du tiers des microplastiques rejetés dans les océans. Tout ce plastique que l’on rejette dans nos cours d’eau alimente les fameux continents de déchets et cause beaucoup de tort à la flore et la faune marine.

Fin de vie

Avec la place limitée dans nos garde-robes, la surconsommation de vêtements entraine inévitablement une fin de vie prématurée pour beaucoup de morceaux. Bien qu’une partie des vêtements soit donnée au suivant, le linge termine presque toujours sa vie à l’enfouissement. D’après la Fondation Ellen MacArthur, seulement 1 % des matériaux utilisés pour la fabrication de vêtements est issu du recyclage des textiles. Aujourd’hui, lorsque du linge réussit à être récupéré, il sera plus souvent qu’autre chose déchiqueté pour être valorisé. Puisque les morceaux de vêtements sont souvent faits d’un mélange de plusieurs matériaux, le cout du recyclage est beaucoup trop élevé pour être profitable. Il est bien plus simple et économique d’extraire continuellement de la nouvelle matière vierge.

Qu’est-ce qu’on peut faire individuellement pour limiter l’impact environnemental de l’industrie de la mode ?

Comme nous avons pu le remarquer, la mode n’est pas considérée comme étant le 2e secteur industriel le plus polluant pour rien. Chaque étape du cycle de vie des vêtements est problématique. Cela dit, le consommateur a le pouvoir de faire évoluer les pratiques de l’industrie en changeant ses propres habitudes. D’abord et avant tout, il faut acheter moins et mieux.

L’industrie regorge de moyens pour inciter le consommateur à renouveler sa garde-robe le plus souvent possible : nouvelle collection saisonnière (ou même mensuelle), prix de plus en plus bas, soldes et promotions en tout temps et qualité moindre. Heureusement, certains membres de l’industrie mettent sur le marché des alternatives plus écologiques. Par exemple, avec des vêtements faits de matières recyclées, en optant pour l’utilisation de matières premières naturelles et biologiques ou en effectuant la confection localement (près du marché).

Outre acheter moins de nouveaux vêtements et les donner lorsque l’on doit s’en départir (et qu’ils sont encore en bon état), le consommateur peut faire sa part en encourageant les bons joueurs qui mettent en place des mesures concrètes pour réduire l’empreinte environnementale de l’industrie de la mode.

Qu’en est-il des morceaux de vêtements qu’on ne porte presque jamais ? Le complet cravate ou la robe de soirée ? Oui on peut avoir un ou deux habits de soirée sous la main. En revanche, si on veut plus de choix de tenues, pourquoi ne pas opter pour la location ? En plus d’être un choix judicieux d’un point de vue environnemental, il peut très bien s’agir de la meilleure alternative économique !

Aspect social de l’industrie de la mode

Par-dessus le fait que la mode a un impact majeur sur l’environnement, il s’agit d’une industrie qui profite de la misère sociale. En effet, sur les 60 millions de personnes qu’elle emploie sur le globe, on estime que plus de 40 millions de travailleurs sont employés comme des esclaves modernes. Cet esclavagisme se traduit par des heures supplémentaires obligatoires non payées, par l’emploi de mineurs ainsi que par l’humiliation, la violence et la privation alimentaire et de logements. Il est important de noter que les femmes sont particulièrement touchées par cette industrie controversée.

Conclusion

Avec l’utilisation de substances chimiques et nocives pour la production et la fabrication des fibres, le gaspillage des ressources engendré par la surconsommation de morceau de vêtements et la pollution générée par les milliers de kilomètres parcourus par un morceau avant d’être exposé en boutique, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi la mode est l’une des industries les plus polluantes au monde.

Heureusement, les consommateurs sont de plus en plus exigeants en matière de changements. Le monde de la mode commence à évoluer. L’industrie met tranquillement en place des initiatives visant à réduire l’impact négatif de la mode sur l’environnement, mais également sur l’humain.

Comment limiter notre impact ? On peut commencer par se poser la question : est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Consommer moins est le meilleur moyen d’avoir moins d’impact sur l’environnement. Cependant, lorsqu’on doit se procurer un nouveau morceau, il y a des acteurs plus impliqués que d’autres qui cherchent à rendre un peu plus durable l’industrie de la mode.  

Sources :

Marine Alves. Pourquoi le textile est la deuxième industrie la plus polluante ? [En ligne]. https://vgtl.co/blogs/news/pourquoi-le-textile-est-la-deuxieme-industrie-la-plus-polluante

Juliette Desmonceaux. CO2, eau, microplastique : la mode est l’une des industries les plus polluantes du monde. [En ligne]. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/09/01/co2-eau-microplastique-la-mode-est-l-une-des-industries-les-plus-polluantes-du-monde_5505091_4355770.html

Radio Canada. La mode, deuxième secteur le plus polluant du monde. [En ligne]. https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/tout-un-matin/segments/chronique/139374/mode-pollution-environnement-textile

Business Insider. How H&M’s Recycling Machines Make New Clothes From Used Apparel | World Wide Waste. [Vidéo en ligne]. https://www.youtube.com/watch?v=obO1PKfXGpQ

Ophélie Bontemps. La mode : une industrie très polluante qui pratique l’esclavagisme moderne. [En ligne]. https://www.notre-planete.info/actualites/10-achat-vetements-mode-pollution

KHEIRA BETTAYEB. Les clés pour comprendre la pollution textile. [En ligne]. https://www.science-et-vie.com/nature-et-enviro/les-cles-pour-comprendre-la-pollution-textile-53548#:~:text=Les%20textiles%20polluent%20cours%20d,%2C%20nylon%2C%20acrylique)%20par%20les

Réutiliser et recycler le textile et les vêtements en fin de vie…

…dans la région Ahuntsic-Cartierville et Villeray-St-Michel-Parc-Extension

Mode éphémère, mode éclair, « fast fashion ». Ces termes sont synonymes du même problème : « la conception de nouvelles collections, leur confection, leur distribution et leur mise en vente est rapide, fréquente et continuelle tout au long de l’année de manière à fidéliser le consommateur avec des vêtements à la dernière mode et à prix abordable » (Office québécois de la langue française, 2018). 

Selon la fiche informative des produits de textile et d’habillement de Recyc-Québec parue en septembre 2018, 3 % des matières résiduelles déposées dans les collectes des ordures ménagères et des matières recyclables sont du textile ou des vêtements. Cette quantité équivaut à 12 kg/personne/an. Cela peut paraître faible, mais le taux est en nette progression par rapport à 2010, ou la génération de textile résiduel était de 7 kg/personne/an. Qu’ils soient déposés dans le bac noir ou dans le bac vert, la totalité des textiles et vêtements en bordure de rue termine leur vie dans les sites d’enfouissement. (Recyc-Québec, 2018)

Les alternatives pour désengorger nos lieux d’élimination : la réutilisation et le recyclage des textiles et vêtements 

Favoriser la réutilisation de nos vieux vêtements est quelque chose d’assez facile. En ville, il n’est pas rare de croiser une cloche de dons où l’on peut laisser ses vêtements pour être utiliser par autrui. Les écocentres de Montréal mettent également à la disposition des résidents des boîtes de dons pour les vêtements. Si l’on préfère remettre ses anciens habits en main propre, il existe un large éventail d’organismes communautaires qui se spécialisent dans le don et la revente de vieux textiles et vêtements encore utilisable. 

Pourtant, tous les morceaux de vêtement que l’on veut se départir ne sont pas encore utilisables. Il arrive un moment ou certains éléments de notre garde-robe n’arrivent plus à suivre notre train de vie quotidienne. Que faire d’un bas qui a plus de trous que de tissu ? D’un jeans qui commence à être difficile à « patcher » ? Les recycler parait logique ! 

À la maison, il est possible de transformer plusieurs vieux morceaux de vêtement en quelque chose de beau et d’utile, comme des emballages de type Furoshiki, des éponges Tawashi ou tout simplement en guenilles super originales. 

En dehors de la maison, le recyclage de ses vêtements peut sembler plus ardu. Aujourd’hui,  peu d’organismes reprennent notre garde-robe déchiré et délavé pour en faire du neuf. Voici quelques adresses qui pourraient vous aider dans votre démarche :

H&M a mis en place un programme de collecte de vêtements usagés intitulé « Bring it ». La campagne de recyclage de vêtement a vu le jour en 2013. Ce fut la première grande marque à faire le saut de manière permanente. Les clients de H&M sont invités à apporter tous les vêtements et textiles dont ils veulent se séparer, peu importe, la marque ou l’état, dans n’importe laquelle de leur succursale sur le globe. À ce jour, la marque a récolté 40 000 tonnes de tissus usagés. Elle a comme objectif d’en collecter 25 000 tonnes par an à partir de 2020. En plus de récupérer et recycler les vieux vêtements, H&M offre une collection : Close the Loop, fabriquée à partir de fibres ou du denim recyclés. 

Points de chute dans la région : 

  • 2305, chemin Rockland, H3P 3E9 (Montréal)
  • 3035 Boulevard le Carrefour, H7T 1C8 (Laval)

The North Face possède également un programme visant à détourner nos vêtements trop usés des sites d’enfouissement. Leur campagne « Clothes the Loop » recueille les vieux vêtements et les chaussures de n’importe quelle marque afin de les réutiliser ou bien de les recycler en matières brutes. Ainsi, les vieux habits deviennent de l’isolant, de la bourrure, des sous-tapis ou des fibres pour produire de nouveaux tissus. 

Point de chute dans la région : 

  • 1247, Ste Catherine Ouest, H3G 1P3 (Montréal)

Village des valeurs est une entreprise reconnue dans le marché de la réutilisation de vêtements et d’autres types d’articles. Elle est aussi très active sur le terrain du recyclage. Tandis que les meilleurs articles trouvent une seconde vie, les invendus de la compagnie sont recyclés et ainsi détournés des sites d’enfouissement. 

Points de chute dans la région :

  • 4912, rue Jean-Talon Ouest, H4P 1W9 (Montréal)
  • 5630, boulevard Henri-Bourassa Est, H1G 2T2 (Montréal)
  • 875, boulevard Curé-Labelle, H7V2V2 (Laval)
  • 1051, boulevard des Laurentides, H7G 2W2 (Laval)

Certex est une autre adresse intéressante pour le recyclage des vêtements usés. Principalement installé à Saint-Hubert et à Terrebonne, l’entreprise d’économie sociale récupère uniquement des textiles et des vêtements composés de coton. 

Aujourd’hui, on considère qu’au moins 85 % du textile et des vêtements en fin de vie ont le potentiel d’être réutilisés ou recyclés. Pourtant, on en est très loin. La gestion du textile et des vêtements usés n’est pas encore bien encadrée. Heureusement, le tout est porté à changer avec la mise en place du plan directeur de gestion des matières résiduelles de l’agglomération de Montréal 2020-2025. Restez à l’affut !

Sources :